Scripta Manent

 

Guichard Michaël

Lejars Thierry

Jean-Baptiste Houal

La collection des tablettes cunéiformes de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE) est une des collections assyriologiques les plus importantes de France. Elle compte 630 tablettes cunéiformes ou enveloppes, provenant de Mésopotamie, sans compter une dizaine de briques inscrites provenant de Suse et de Babylonie. De par la nature même des supports en argile (tablettes, prismes, cônes), la lecture de ces documents épigraphiques s’effectue en trois dimensions et oblige le lecteur à orienter sa lumière depuis la gauche afin de mieux percevoir l’empreinte de l’écriture. Par ailleurs, comme tous les côtés de la tablette sont susceptibles d’être utilisés et en raison des courbures et irrégularités de l’objet façonné de mains d’homme, l’objet doit pouvoir être manipulable au fur et à mesure de la lecture.

La démarche scientifique entreprise est aujourd’hui d’aborder les problématiques liées à la lecture, la conservation et la diffusion des textes provenant de tablettes cunéiformes par l’intermédiaire des nouvelles technologies, en particulier celles de la 3D. Deux atouts importants viennent confortés la démarche des chercheurs en science humaine de l’EPHE et du laboratoire d’archéologie AOROC (UMR8546 CNRS-ENS) vis-à-vis des nouvelles technologies : les scanners 3D sont bien plus rapides avec des applications adaptées aux problématiques de relevés ; les équipes ont acquis une expérience dans le traitement des objets 3D.

La numérisation de ces précieux témoins de l’histoire permet d’atteindre simultanément plusieurs objectifs. L’intérêt pour leur conservation est évident car la 3D permet d’en avoir une reproduction très fidèle et intégrale. Les chercheurs ont toujours besoin de revenir à l’artefact lui-même pour faire des collaborations, vérifier tel ou détail qui aurait échappé à l’attention des premiers éditeurs. Des reproductions en 3D rendent moins nécessaires de nouvelles manipulations des objets qui comportent toujours le risque de les endommager un peu plus en dépit de toutes les précautions prises.

Ce projet s’appuie en particulier sur l’expérience acquise dans le cadre du programme structurant PSL Celtes 3D, dirigée par Thierry Lejars, sur la numérisation des objets métalliques en protohistoire. L’objet de celui-ci était de produire une documentation d’une très grande précision, diffusable par le biais du web, mais aussi de pouvoir en faire une copie la plus fidèle possible.

Ce programme de recherche autour de la lecture et la préservation de la collection de tablettes cunéiformes à l’EPHE permet aujourd’hui de réfléchir sur la notion de corpus 3D, à sa valorisation par le biais de la mise en place de base de données mais aussi à l’utilisation de programme facilitant l’extraction des textes et leur traitement (GigaMesh, Mara 2010).

 

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